Le manuel que je vous présente aujourd’hui a été rédigé par Léon MARTEL (1840-1905), Professeur au Lycée Michelet, que j’ai déjà évoqué dans l’article sur l’Epitome Historiae Graecae. Son titre complet est « Premiers éléments du latin d’après la grammaire élémentaire de Mr CHASSANG, avec exercices d’application sur la déclinaison et la conjugaison ». Il a été édité par les libraires-éditeurs Garnier Frères, mais la date n’est pas mentionnée.

Pourquoi vous en parler ? Ce manuel reprend les thèmes classiques d’une grammaire latine (partie morphologie), mais il est un peu différent des autres car il propose de nombreux exercices d’application, basés sur des phrases de thème (du français vers le latin), en donnant le vocabulaire pour chaque phrase. Par exemple au premier chapitre sur les déclinaisons :
Les roues1 creusent (ducunt) des ornières2 dans (in, abl.) la terre3.
- Rota, ae.
- Orbita, ae.
- Terra, ae.
L’élève doit alors trouver :
Rotae ducunt orbitas in terra.
Facile me direz-vous, mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un manuel d’initiation au latin, probablement destiné à des élèves de sixième. L’énorme avantage de cette manière d’apprendre et d’appliquer les règles élémentaires de grammaire, c’est de baigner dès le début de l’apprentissage dans le vocabulaire latin, qui n’est pas forcément celui d’une première année (ex : auriga, ae, m. : le cocher). Cela donne aussi des phrases plus riches et plus variées que « la rose est belle ».

Pas de préface, mais un avertissement, dont voici quelques extraits :
Nous savons par l’expérience que les élèves, s’ils n’emportent, de la classe où ils apprennent les premiers éléments du latin, une connaissance sûre et, pour ainsi dire, définitive, des déclinaisons et des conjugaisons, risquent fort de ne pas l’acquérir plus tard, et de compromettre ainsi toute la suite de leurs études latines.
L’ambition est tout à fait louable.
Nous avons essayé d’initier, chemin faisant, les élèves à la connaissance des règles de la syntaxe latine qu’il importe le plus de connaître tôt. Nous les avons formulées sous le titre d’Observations.

Pour les conjugaisons, le principe reste le même que pour les déclinaisons, avec néanmoins l’apparition de tableaux de conjugaisons, repris aussi sous forme de tableaux de formation des temps :

Ainsi, plutôt que de renvoyer l’élève vers un lexique en fin d’ouvrage, voire au dictionnaire, l’auteur a préféré inclure dans ou à côté de chaque phrase de thème le vocabulaire à utiliser (et le cas échéant la tournure de phrase à employer). C’est un gain de temps important.
On pourrait néanmoins regretter qu’il n’y ait pas d’exercices de version (du latin au français), c’est même étonnant.