Les neuf Muses

Cela fait un peu plus de deux mois maintenant que j’ai ouvert le blog d’Hortulus Placidus, consacré au latin.

Mais c’est aussi un petit jardin calme et paisible, où il fait bon flâner. Mon objectif n’est pas de réaliser une analyse académique de l’enseignement historique du latin, l’ambition est plus modeste : donner envie aux lecteurs de découvrir la langue latine, que ce soit au travers d’un texte, d’une citation, d’une inscription ou même d’un mot.

Pour cela les thèmes ne manquent pas : le voyage, le temps, la nature, l’amitié, la mort, les passions, les moeurs, les conflits, les arts, la ville, la campagne, et bien d’autres, extraits de textes littéraires anciens ou de textes construits plus récents, comme ceux que l’on trouve dans les manuels de latin.

C’est pourquoi j’ouvre une nouvelle page, en souhaitant qu’elle apporte sa pierre à l’édifice, avec un petit texte sur les Muses, extrait de l’Epitome Historiae Graecae de Marcel Pernot (que j’ai évoqué dans un précédent article), destiné aux élèves de sixième, édité en 1924 aux éditions Hachette :

Apollo Musarum chorum in Helicone monte ducebat.
Musae novem erant sorores et artium deae habebantur.
Clio historiae, Melpomene tragoediae, Thalia comoediae, Euterpe musicae, Terpsichore choreis praesidebat.
Erato lyricos poetas, Calliope epicos divino spiritu incitabat.
Urania astronomia, denique Polyhymnia eloquentia gaudebat.
Saepe in deorum conviviis ad lyrae sonum Musae canebant.
Interdum in Permesso flumine corpus abluebant et circa fontem saltabant.

Je vous propose la traduction suivante :

Apollon conduisait le choeur des Muses sur le mont Hélicon (montagne de Béotie, en Grèce).
Les Muses étaient neuf soeurs, et étaient considérées comme les déesses des arts.
Clio présidait à l'histoire, Melpomène la tragédie, Thalie la comédie, Euterpe la musique, Terpsichore la danse.
Erato inspirait d'un souffle divin les poètes lyriques, Calliope les poètes épiques.
Uranie se rejouissait de l'astronomie, enfin Polymnie de l'éloquence.
Souvent pendant les festins des dieux, les Muses chantaient au son de la lyre.
De temps en temps elles lavaient leur corps dans la rivière Permesse, et dansaient autour d'une source.

Ce passage chante à lui tout seul, il est vivant, il nous fait découvrir en quelques lignes les neuf Muses.

Bon, je peux concéder qu’en 1924 les élèves ne partageaient pas le même enthousiasme, notamment lorsqu’ils ont rencontré l’indicatif imparfait passif habebant, ou lorsqu’ils ont dû expliquer à leur maître la différence entre la poésie lyrique et la poésie épique.

Mais grâce à ce texte, on connaît maintenant le mont Hélicon, et on saura que Clio n’est pas un mot inventé au XXème siècle pour une célèbre voiture. On pourrait aller encore plus loin en donnant la signification des noms grecs des Muses, mais je vous renvoie pour cela sur cette page Wikipédia.

Les neuf Muses Calliope, Clio, Érato, Euterpe, Melpomène, Polymnie, Terpsichore, Thalie et Uranie
Les neuf Muses

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